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Le Palais Royal
place des Palais 1
1000 Bruxelles (Pentagone)
Architecte : voir ci-dessous
Année : 1904 (état actuel)
Après de nombreuses réédifications, dans lesquelles intervint le grand architecte Suys, le Palais du Roi prit, en 1904, sous
Léopold II, son aspect actuel. Façade largement déployée, enlevée dans un style nettement français. Les pavillons latéraux
présentent ces toits Mansard qui ont été reproduits abondamment dans le monde et dont le type primitif et parfait est comme
on le sait les pavillons du Louvre. D'un autre côté, la rigidité de certains développements, et surtout le gros dôme central
agréablement bulbeux, arrondissant ses quatre faces, marquent une étroite ressemblance avec les chefs-d'oeuvre d'Ange Gabriel
- ces derniers sont la quintessence de l'époque 1750-1780 en France.
Le grand architecte Alphonse Balat soumit à Léopold II un projet de transformation. Celui-ci fut jugé trop simple par le
monarque, pour qui la pompe avait quelqu'attrait. Henri Maquet présenta un projet plus grandiose qui fut accepté. Maquet,
fortement influencé par le sculpteur décorateur français Georges Houtstont, fit réaliser par ce dernier des cartouches, des
guirlandes, des paniers, spécifiquement Louis XVI. Intervention insuffisante a-t-on jugé - indication sans grandeur propre -
précision inefficace - le Louis XVI, en architecture, se caractérisant plus par une élégance et une mesure souveraines que
par un accessoirisme un peu chipoté. Trois réalisations prépondérantes, à Bruxelles, font revivre à peu près la même époque.
Ce sont : la façade du palais du Roi, côté des jardins (voyez
la rue de Bréderode),
la chambre des Députés (voyez la
place de la Nation),
et la façade principale du Palais du Roi. Les urbanistes avertis, les grands architectes, les esthètes compétents, sont
unanimes à donner la préférence aux deux premières de ces oevres.
Le style suprêmement élégant - royal - et parfois délicatement agreste - dont les fleurons les plus parfaits sont le petit
Trianon et les palais Gabriel - a été souvent une pierre d'achoppement pour les meilleurs achitectes. Epreuve qui fit
trébucher les plus avertis.
Le Palais du Roi présente vers le bas de la ville une façade qui est de beaucoup plus de sobriété et de grandeur. Elle est
d'Alphonse Balat. On la découvre à peine de la place des Palais - un peu plus des encoignures de la
place Royale.
La façade opposée, vers la
rue du Luxembourg,
a été retouchée par l'architecte Flanneau vers 1920.
Le fronton du Palais du Roi, par le grand sculpteur Thomas Vinçotte. Cette oeuvre a été beaucoup critiquée. La plupart des
frontons - à l'exemple de ceux de l'antiquité - nous font voir un sujet nettement tracé, sur fond uni. Vinçotte, au contraire,
nous présente ici un fond travaillé. L'oeuvre apparaît confuse, tumultueuse. C'est l'opinion générale. Léopold II la fit
entendre le tout premier.
Ce défaut marque un écart critiquable avec le style grec antique primitif - aussi avec le Louis XVI. De quelque façon qu'on
la regarde, Vinçotte semble donc avoir suivi une voie malheureuse.
Extrait d'un Guide Pierre Anspach Bruxelles, vers 1950.
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