La rue des Alexiens est l'une des plus vieilles rues de Bruxelles, bien qu'elle soit située en dehors de la
première enceinte de la cité. En fait, elle longe exactement le fossé intérieur de la muraille primitive,
entre l'ancienne Steenpoort et la jonction de la rue de l'Etuve et la rue du Poinçon. Dès la fin du 14ème
siècle, la rue est voué aux Alexiens et elle a gardé ce nom à travers toutes les vicissitudes jusqu'à nos
jours (sauf durant les vingt ans de l'occupation française, lorsqu'elle fut renommée rue de la Révolution).
Extrait du Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles de Jean d'Osta.
Cette rue, dont la pente est fortement accusée (19 m.), servit au Moyen Age de déversoir aux eaux qui dévailaient
du Sablon et de la Montagne des Géants. Elles y formaient, en temps de pluie, un affreux marécage.
Le soleil d'été se chargeait d'assécher ces terres imbibées d'eau. Les fossés défensifs qui y furent creusés
durent à cette circonstance particulière leur nom de Droogeheergracht.
Plus tard, au XIVe siècle, lorsque Bruxelles se corseta d'une deuxième enceinte, les arbalétriers de Saint-George
s'y livrèrent à des exercises de tir.
L'ancien Jardin de Saint-Georges (emplacement occupé par l'institut des Frères de la Doctrine chrétienne)
connut bien des vicissitudes. Les chefs de la révolution brabançonne s'y réunirent en 1789.
De la cour de l'établissement le visiteur voit encore le vestige d'une tour de la première enceinte murale.
Au moment où les échevins de la commune cédaient aux arbalétriers les fossés secs, jusqu'à la Steenpoort,
les frères alexiens occupaient depuis vingt ans l'espace compris entre la rue d'Accolay (nom du propriétaire foncier) et
le rempart.
Le couvent des alexiens a fait place, en 1829, aux Hospices Réunis (architecte Partoes).
En bref, le promeneur imagine à droite les anciens biens conventuels, tandis qu'à gauche, longeant les anciens fossés,
il évoque les remparts et le terrain d'exercices des arbalétriers.
Extrait de Bruxelles 1100-1800, Promenades dans le Passé (Marcel Vanhamme, 1949).