La rue Ducale (Hertogstraat) - Bruxelles Pentagone




La rue est "ducale" pour rappeler que cet endroit appartint durant de long siècles à la Cour ducale, celle des ducs de Brabant et de Bourgogne. Cependant, avant d'avoir reçu ce nom officiel, la rue Ducale était couramment appelée le mail du Parc, à la mode française, car c'était une agréable et verdoyante promenade, longeant les glacis intérieurs du rempart. Puis, peu à peu, le nom populaire devint rue des Genèvois, à cause des financiers de Genève qui étaient venu se fixer dans les belles maisons neuves. Mais depuis 1811, la rue porte son nom actuel et, finalement, depuis lors, rien n'y a beaucoup changé...

Une grande partie du côté Ouest longe le Parc de Bruxelles.


 


rue Ducale - agrandir le plan

 

Notes descriptives. L'ornementation vers la place du Trône. Nous trouvons, au début de la rue, deux balustrades atteignant la hauteur d'un premier étage. Elles sont ornées de groupes d'enfants et d'attributs divers. La pierre très tendre faiblit ici et là. Elles présente des défauts qui accusent encore l'éloignement de cette esthétique. Ils soulignent le temps qui déjà entre nos yeux et cet art un peu suranné a fait descendre comme un voile. Statuaires : A. J. Van Rasbourgh, Armand Cattier, Egide Mélot. Epoque : 1875. Ces oeuvres naturelles et charmantes - qui sont de la même venue que les Godecharle du Parc - peuvent prendre rang parmi les plus belles pages de l'iconographie de l'enfance. Mais les hasards de l'évolution du goût ont voulu que ces oeuvres soient dédaignées du public et même souvent ignorées.

Quelques immeubles frappants. Le numéro 41, hôtel de Lalaing. Large porche d'entrée - comme en avaient tous les hôtels particuliers un peu cossus, jadis. Dans la partie supérieure de ce porche - partie qu'on peut appeler le cintre, ou l'imposte - s'inscrivent deux L légèrement fantaisistes et ondoyants. Ces L, et les entrelacs dont ils s'agrémentent, rappellent des plantes aquatiques flexibles, des herbes marines - dont ils ont au surplus la couleur.
Le numéro 51. Une plaque sur la façade rappelle qu'au printemps 1816 cette maison abrita quelques jours Lord Byron. Le grand romantique anglais écrivit ici quelques strophes du IIIe chant de Childe Harold consacrées à la bataille de Waterloo.
Les deux immeubles faisant coin - de part et d'autre de la rue de la Loi - ne portent pas de numéro dans la rue Ducale. Ils sont d'un très beau caractère. Moyens simples et même d'une certaine pauvreté - mais prestance architecturale formidable. Le jeu du crépi blanc et de la pierre bleue est un des traits typiques des vieux immeubles du quartier Guimard - du quartier Léopold.

La rue Ducale prestigieuse et vieillotte. Digression. C'est une des rues typiques du quartier Léopold - la seule, parmi les grandes, qui ne soit pas hérissée de la silhouette insolite de quelque building. Allure tranquille, comme il faut, discrète. Maisons remontant au début du siècle dernier. Certains même - comme les deux dernières citées - ont été construites à l'époque Louis XVI. Les toitures, presque toutes pareilles, démodées, d'un seul versant, accusent leur grand âge. Sous les ardoises défraîchies, ébréchées ici et là, et dont la belle ordonnance première n'est plus, on devine les solives fatiguées. Ces toitures sont lasses - et imperceptiblement montueuses.

Architecture quiète, agréable. Ses faiblesses lui ont imparti la douceur des formes vivantes. On remarque vingt dégradations très légères - caractère discret - note insignifiante semblerait-il - qui nous rendent pourtant sensible la longue fuite des années. C'est une voix délicieuse qui s'élève du passé. Et c'est en même temps un caractère qu'aucun génie humain ne pourrait créer artificieusement.

Cette époque est sans doute celle qui éveille en nous la voix la plus nostalgique. C'est l'époque la plus lointaine, pourrait-on dire - parce que nous touchons à elle encore à peu près directement. Elle nous est connue en effet par des traditions qui ne sont pas encore anonymes, par des confidences dont nous nous souvenons. Histoires qui ne sont pas embellies - et qui n'ont pas beaucoup voyagé. La jeunesse de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents est, ainsi vue, la période la plus lointaine - et en tous cas la plus pathétique - du passé. Au delà, c'est de l'archéologie, c'est de la documentation, c'est de l'histoire.

Extraits d'un Guide Pierre Anspach Bruxelles, vers 1945

 

1 - Le Palais des Académies

L'ancien palais de Guillaume d'Orange construit entre 1823 et 1826 par l'architecte Charles Vanderstraeten.

 

33 - Initiallement l'Hôtel de l'Abbaye de Dieleghem, puis Hôtel de WellingtonCambacérès vient s'installer fin février 1816 en attendant d'aller occuper l'hôtel de Schönfeld, rue des Paroissiens.

 

51 - Plaque commémorative Lord Byron

De 1893 à 1920, cette maison fut habitée par Edmond Picard, avocat, juriste et écrivain. Sa cuisine était particulièrement prisée et il reçut ici des célébrités tel que Rodin, Camille Lemonnier ou encore Maurice Maeterlinck, prix Nobel de Littérature en 1911. C'est ici que ce dernier rencontra en 1895 sa future épouse, l'actrice Georgette Leblanc, sœur de Maurice Leblanc, l'auteur d'Arsène Lupin. Après le départ de Picard vers Dave, la maison fut occupée par William Van Remoortel, à ce moment le chef du groupe socialiste du Sénat, qui y habita jusque'en octobre 1925.

 

rue Ducale - Bruxelles Pentagone

Plaque commémorative Lord Byron

 

Vue de la rue Ducale

 

Suivez eBru_xelles sur Twitter

Suivez eBru sur Facebook


TheForkBE_FR_160x600