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Origine/histoire de la rue
Pour le grand public, cette voie est connue comme le square des milliardaires.
Ensemble d'une trentaine de superbes et modernes immeubles, tout contre le Bois de la Cambre, groupés autour
d'une belle voie, spacieuse, courte, en cul de sac - et donc forcément sans trafic. C'est ici l'extrémité de
l'avenue Louise, côté numéros impairs. Les immeubles du présent square portent les numéros de 535 à 587.
Ce numérotage continue donc celui de l'avenue Louise. Tout ce modernisme architectural frais et bien lavé -
la proximité du Bois dont on aperçoit, ici et là, les opulentes frondaisons - et enfin le trafic insignifiant
(moins qu'au village) - créent ici une atmosphère merveilleuse. Ce square est un enchantement.
La constitution du square. Quelques dates. Cette formation remarquable date de 1910. C'est à ce moment que les
familles Tasson et Servais (en particulier Jean Servais le célèbre magistrat) qui possédaient ici un hectare
environ procédèrent au lotissement de leur bien. Ce qu'on appelle l'assiette de la rue est encore la propriété
des particuliers qui ont acquis des lots et construit. Les deux immeubles à l'entrée du square - sentinelles
placées de part et d'autre de la grille d'accès - furent parmi les premières maisons édifiées. Ce sont le
numéro 535 - architecte L. Govaerts, 1914 - et le 587 - du même architecte, 1915.
- Extrait d'un Guide Anspach Bruxelles (vers 1945).
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Choses à voir, à faire
Quelques immeubles remarquables. Citons le numéro 575 que Pierre Bautier, le conservatoire des Musées Royaux,
fit construire - comme les deux numéros suivants - par le délicat architecte Paul Bonduelle. Ce 575 présente
une porte très belle. Elle est archi-moderne, élégante, un peu trop basse, un peu paradoxale. L'artiste s'est
fait un jeu de s'éloigner des formes vraiment architecturales et constructives. Cette porte ressemble à un foyer
sans ses chenets.
Le 577 présente également une porte frappante, une porte assez compliquée, en bois noir. Elle a un aspect somptueux,
ténébreux, surcharché, qui évoque bien la renaissance italienne - comparaison qu'appelle d'ailleurs déjà péremtoirement,
à lui seul, le petit auvent cintré du dessus.
Au numéro 579, bel immeuble aux lignes toutes d'équerre, élégantes. C'est la belle et discrète symphonie de l'angle
droit. Très belle porte, ici aussi. C'est, dans un encadrement rectangulaire de pierre blanche, une porte moderne,
toute en verre et métal. Sa partie mobile présente un croisillon assez simple. Au dessus, dans cette partie fixe
désignée l'imposte de la porte, un riche bouquet de formes fantasques rappelant les lampes, les lambrequins
héraldiques. Ces formes font penser à des claquements de flamme ou de langues de bête - et à des contorsions.
Ces premiers ornements s'enrichissent de quelques tracés plus fins. Coups de griffes alertes, paraphes,
délinéations fines - qui furent apportés sans doute dans les arts, plus récemment, par un artisanat plus complet,
plus étendu.
- Extrait d'un Guide Anspach Bruxelles (vers 1945).
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