Manneken-Pis - Bruxelles Pentagone




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Manneken-Pis
rue de l'Etuve 42
Coin avec la rue du Chêne
1000 Bruxelles (Pentagone)

Inauguration : voir ci-dessous
Sculpteur : probablement Jérôme Duquesnoy

 

La statuette fameuse. Quelques détails. Cette statuette qui connait une popularité énorme et parfois tapageuse, a une histoire qui semble remonter au 15e siècle. Ce petit bonhomme connut de nombreuses vicissitudes. La petite figure fut volée, déplacée, détruite, de nombreuses fois. L'une de ses incarnations semble avoir été une oeuvre de Jérome Duquesnoy père exécutée en 1620. On a coutume de conter au sujet du petit personnage - et pour sa justification - des anecdotes diverses. Considérons - avec les excellents auteurs Alexandre Henne et Alphonse Wauters - que celles-ci n'ont aucun intérêt historique. Elles ne sont pas à retenir. La statuette un peu vulgaire n'a d'autres explications que ces audaces familières aux époques passées - ces gestes hardis par lesquels s'exprimaient chez nos pères une impudente fantaisie et une large gaité. Traits qu'on retrouve dans les peintures flamandes, abondamment. Citons les tableaux de Jordaens - les "le Roi Boit" notamment. Les statuettes anciennes étaient de pierre. Le moulage en bronze, que nous avons sous les yeux, a été exécuté en 1818.

Notice - d'un intérêt un peu indirect - sur les Duquesnoy. C'est une famille d'artistes flamands - phalange glorieuse, impressionnante, dont les liens de parenté se présentent, dans une certaine confusion en général dans nos mémoires. Jérôme Duquesnoy père (né en 1565 environ - mort, 1641). Il a deux fils : Frans, François ou Francesco (1594-1643) et Jérôme (1602-1654); Ce sont trois sculpteurs. Le second des trois, le plus célèbre de beaucoup, a été connu sous les noms Quesnoy, Kenoy, Cannoy. Egalement sous la forme latine Quercetus. Et enfin sous le nom "il fiamingo" - souvenir de ses voyages - forme stabilisée et définitive d'une antonomase naturelle - réminiscence qui évoque la Flandre et l'Italie, pays qui procédèrent à tant d'échanges artistiques à cette époque et qui, tous deux, façonnèrent le génie de Frans Duquesnoy.

Jérôme Duquesnoy père, le premier cité, et l'aîné de la dynastie, montre une grande activité à Bruxelles. Il y fut maître de la gilde des quatre couronnés. Nombreuses commandes, en particulier des sculptures d'église. Une fontaine des Satyres, monument qui parait avoir été une oeuvre prépondérante. Elle se dressa longtemps rue du Marché aux Herbes. Elle est complètement détruite, sans trace, depuis plus d'un siècle. En août 1619, nous retrouvons une commande émanant de la ville de Bruxelles d'une statue. Jérôme Duquesnoy père était chargé d'exécuter cette oeuvre qui devait, suppose-t-on, remplacer une plus ancienne statue. Cette dernière aurait figuré rue de l'Etuve - représentant déjà un petit personnage pareil à celui d'aujourd'hui. Le grand sculpteur exécuta-t-il la commande? Tournons-nous vers les iconographes qualifiés. L'un des plus compétents se contente de faire remarquer que la bruyante popularité qui s'est attachée à ce monument a créé autour de lui une confusions inextricable. Il est probable que François Duquesnoy dont le nom a été cité en connexion avec cette oeuvre est complètement étranger à elle - tout autant qu'y est étranger le jeune Jérôme Duquesnoy, âgé à cette époque de 17 ans. Voilà la question à peu près résolué pour les deux fils. Mais une réponse ferme ne semble pas pouvoir être mise en avant en ce qui concerne le père. Au point de vue du style on considère Jérôme Duquesnoy père une expression de l'art Renaissance sous sa forme tardive et dernière.

Extrait d'un Guide Pierre Anspach Bruxelles, vers 1945.


On l'appelle communément le plus ancien bourgeois de Bruxelles. Depuis des siècles il remplit consciencieusement sa mission. Jadis il fournissait au voisinage l'eau potable, claire et limpide, qui descend du Sablon et de la Montagne des Géants; aujourd'hui, il ne fonctionne plus que pour plaire.

On ne connaît pas son origine. Tout ce que nous savons, c'est qu'il existait déjà au XVe siècle. On l'appelait aussi le Petit Julien. En 1619 la Ville commanda à Jérôme Duquesnoy, père, l'exécution d'une statuette pour décorer la fontaine. Pendant le bombardement de 1695 la statuette fut caché. Après la catastrophe, elle fut reportée en triomphe sur son piédestal, le 19 août 1695. C'est alors qu'on inscrivit au-dessus de sa tête ce passage du psalmiste: In petra exaltavit me, et nunc exaltavi caput meum super inimicos meos (Le Seigneur m'a élevé sur un socle de pierre, et maintenant, moi, j'élève ma tête au-dessus de mes ennemis).

A différentes reprises Manneken Pis fut volé. Vers 1745, des soldats anglais l'emportèrent subrepticement, mais les Bruxellois le rattrapèrent à Grammont, grâce au concours bienveillant des habitants de cette ville, auxquels ils donnèrent, en témoignage de leur reconnaissance, une réplique de la statuette. Deux ans plus tard, des grenadiers français, venus à Bruxelles avec les troupes de Louis XV, voulurent l'enlever à leur tour. Le peuple s'ameuta et une rixe sanglante faillit s'engager quand le roi, informé de cette échauffourée, fit arrêter les coupables. Pour pallier le mauvais effet produit par leur conduite, il donna à Manneken un riche habit de brocart brodé d'or et le décora de la Croix de Louis XIV. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1817, la statuette fut volée par un forçat gracié appelé Lycas. L'inquiétude du peuple était extrême. On chercha partout et on finit par retrouver dans un amas de décombres les débris du petit bonhomme. Les morceaux furent rajustés et servirent à faire un moule dans lequel fut coulée la statuette en bronze qui décore aujourd'hui l'antique fontaine de la rue de l'Etuve.

Manneken reçut les hommages des rois et des princes. Il était doté d'une riche garderobe dont la Ville confiait la conservation à un chambellan, chargé aussi d'habiller Manneken aux grands jours de fête. Ces costumes sont exposés au Musée Communal. On y voit l'habit qui fut donné par le roi de France, Louis XV, ainsi que la décoration, un vêtement Louis XVI, deux costumes de gala et un costume de combattant de 1830, composé d'une blouse bleue avec shako, bottes, ceinturon et écharpe tricolore. Dans les anciens inventaires de la garde-robe de Manneken, dressés vers 1750, on mentionne l'existence de deux parapluies, dont un renfermé dans un étui en cuivre.

La statuette, exécutée par Jérôme Duquesnoy père, fut placée sur un pilier de six pieds de haut. Elle versait l'eau dans une cuvette rectangulaire. En 1770, on substitua à ce piédestal assez simple une niche en pierre bleue, restaurée depuis.

Extrait du Guide Illustré de Bruxelles, Tôme I, 1918, Guy Des Marez


Manneken-Pis - agrandir le plan

 

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