Le 25 septembre 1830, la commission administrative qui s'était formée pendant la révolution, alors que la Ville était dépourvue de toute autorité constituée, arrêta qu'une fosse serait creusée sur la Place Saint-Michel pour recevoir "les restes des citoyens morts dans les mémorables journées de septembre, et qu'un monument transmettrait à la postérité les noms de ces héros et la reconnaissance de la Patrie". De la le nom de Place des Martyrs donné à ce cimetière patriotique qui fut consacré, le 4 octobre 1830, par le doyen de Sainte-Gudule en présence des autorités civiles et militaires, d'une foule de volontaires armés et de nombreux assistants.
Le 4 décembre 1830, le Président du Congrès National posa la première pierre du monument qui ne fut toutefois achevé que plusieurs années plus tard. Il n'était même pas encore entièrement terminé quand on l'inaugura, le 24 septembre 1838. Dix ans plus tard, le statuaire Guillaume Geefs en acheva la décoration sculpturale.
Sur un immense piédestal se dresse la Patrie, symbolisée par une femme qui grave sur une plaque en marbre les dates mémorables des 23, 24, 25 et 26 septembre. Près d'elle est couché le Lion belgique dont les chaînes ont été rompues. Quatre anges, assis aux angles du monument, veillent sur les morts.
Sur les quatre faces du soubassement, des bas-reliefs qui ne répondent malheureusement pas au talent dont Guillaume Geefs a fait preuve ailleurs. Ce sont :
1. Les patriotes prêtant serment sur le drapeau de vaincre ou de mourir pour l'indépendance; dans le fond se profile l'Hôtel de Ville.
2. Les volontaires s'élançant à l'assaut du Parc.
3. La bénédiction des tombeaux par le doyen de Sainte-Gudule, le 4 octobre 1830.
4. La Belgique couronnant ses vaillants défenseurs.
Dans les galeries qui entourent le monument se trouvent des tables où sont gravés les noms de ceux qui sont morts pour l'indépendance du pays.